Baromètre industriel de l’État 2025 : la réindustrialisation française marque un ralentissement sans rompre la dynamique
Avec seulement 89 ouvertures nettes de sites industriels en 2024, contre près de 190 l’année précédente, la dynamique de réindustrialisation montre des signes d’essoufflement. Pourtant, certains secteurs et territoires résistent et confirment leur potentiel.
Une tendance confirmée : ralentissement, mais poursuite du mouvement
Le dernier Baromètre industriel de l’État piloté par la Direction Générale des Entreprises (DGE) le confirme : le nombre d’ouvertures nettes d’usines fléchit en 2024, poursuivant un ralentissement amorcé fin 2023. Avec 89 implantations nettes, le solde reste positif, mais loin des 176 sites en 2022 et des 189 en 2023.
Depuis 2022, la France a tout de même enregistré plus de 450 ouvertures nettes, témoignant d’une trajectoire industrielle toujours active.
Les secteurs porteurs : industrie verte et agroalimentaire en tête
Malgré le ralentissement global, l’industrie verte (+27 sites) et l’agroalimentaire (+20 sites) maintiennent un rythme d’implantation soutenu.
- Dans l’industrie verte, 50 % des implantations concernent la production d’énergies décarbonées : batteries, hydrogène, pompes à chaleur, photovoltaïque, etc.
- Le recyclage et la valorisation des déchets représentent 30 % des implantations industrielles du secteur vert sur l’année 2024.
- L’agroalimentaire conserve sa résilience et répond à une demande structurellement forte sur le territoire.
Des secteurs énergivores en difficulté
Certains secteurs subissent de plein fouet la hausse des coûts énergétiques et la pression de la transition écologique :
- Plasturgie : -2
- Mécanique : -2
- Transport : -12
La filière automobile concentre à elle seule 31 fermetures sur les 36 du secteur transport, malgré la bonne tenue de l’aéronautique (un quart des nouvelles implantations du secteur transport).
Des dynamiques territoriales contrastées
La réindustrialisation n’évolue pas de manière homogène sur le territoire :
- Auvergne-Rhône-Alpes (+32) et Nouvelle-Aquitaine (+24) affichent une dynamique soutenue, dans la continuité de 2023.
- Occitanie : +12 sites nets.
- Les régions du Nord et de l’Est connaissent un ralentissement mais accueillent toujours des projets industriels à forte valeur ajoutée.
Les signaux à surveiller pour 2025
- Hausse des défaillances d’entreprises (+13 %)
- Augmentation des plans de sauvegarde de l’emploi (+34,8 %)
- Ralentissement des projets d’installations classées (ICPE) industrielles
- Repli des investissements directs étrangers (-7 % sur un an)
Malgré ces signaux d’alerte, l’activité industrielle reste le premier poste d’investissements étrangers en France (28 % du total) et l’attractivité du pays demeure supérieure aux niveaux d’avant crise sanitaire.
Conclusion
La réindustrialisation en France se poursuit dans un contexte économique plus incertain. Le ralentissement observé n’efface ni les résultats accumulés depuis 2022 ni le rôle central de l’industrie verte et agroalimentaire dans cette transition industrielle.

Expert reconnu en développement économique, Benoît possède de nombreuses années d’expérience dans l’accompagnement de projets d’implantation. Sa connaissance approfondie des territoires et des opportunités de subventions fait de lui un atout inestimable pour votre réussite d’implantation.